Dépaysement garanti : vous aurez au passage traversé toute une gamme de paysages, notamment la steppe qui marque le bout des Hauts Plateaux sur l’Horombe aux allures de Far West avec ses vastes troupeaux de bovidés, le grès sculpté par l’érosion dans le spectaculaire massif de l’Isalo, la forêt sèche de baobabs et d’épineux et soudain la ville blanche, très étendue, de Tuléar qui ne présente presque aucune dénivellation, et où la chaleur n’est pas atténuée par l’altitude, bien que les nuits puissent être très froides. La destination Tuléar est très prisée, en effet, la pluie y est rare et le soleil quasi permanent. La ville elle-même est animée par les pêcheurs, les artisans, des vendeurs de ceci et de cela, des piétons de toute race car ici vivent les ethnies vezo, Mahafaly, Antandroy, Antaisaka . Ville cosmopolitaine, on y rencontre plusieurs chinois, indiens et comoriens….
Cette ville se distingue de celles que nous avons vues par le fait que son économie gravite essentiellement autour de son port, tourné vers la pêche mais semble-t-il, très peu vers le commerce maritime. Des vaisseaux marchands y mouillent, mais l’arrière-pays agricole cultive presque exclusivement des vivres et ne dispose que du coton et des arachides comme produits de rente si bien qu’il n’existe presque aucune exportation : les cargos y débarquent principalement du matériel importé et embarquent bœufs, coton et arachides.
Evangélisée par les luthériens américains et norvégiens, la ville dégage une atmosphère presque puritaine aggravée par la prépondérance des mouvements charismatiques et fondamentalistes dont les adeptes tiennent ici le haut du pavé. De ce fait, les bars et boîtes de nuit y sont plutôt rares sauf dans le quartier de « Sans Fil », et seuls les fréquentent les étrangers de passage ou les malgaches du centre de l’île. La principale distraction des habitants semble être d’aller à la plage, surtout celle d’Ifaty, située à une vingtaine de kilomètres de distance ; celle de la ville même, large de plusieurs centaines de mètres, n’est en effet pas propice à la baignade mais à la promenade et au ramassage à marée basse de très beaux coquillages qui seront ensuite vendus aux touristes sur une grande avenue de la ville.
La vie intellectuelle se concentre autour de l’université de Tuléar, spécialisée dans la recherche biologique et l’océanographie ; comme elle est la seule de Madagascar à offrir cette dernière discipline, elle attire de nombreux étudiants de toute l’Ile voire même de l’étranger. Cette université peut s’enorgueillir de ses travaux sur les vertus de l’algue spiruline utilisée et cultivée depuis peu comme complément nutritionnel protéinique. Tuléar se transforme en centre économique d’envergure depuis la découverte dans les environs (Ilakaka) de carrières de pierres précieuses (saphir et autres), ce qui a provoqué l’apparition d’une ville champignon présentant toutes les caractéristiques débridées des villes de la ruée américaine vers l’or en 1849, avec enrichissements subites, crimes en tous genres et actes de brigandage.
La région de Tuléar est surtout connue pour ses récifs coralliens riches, la pêche sportive au-delà de la barrière corallienne et la plongée sous marine. On y trouve plusieurs sites de rêves où vous pouvez apprécier « farniente » aux découvertes des richesses sous marines . Le Sud est presque désertique mais la végétation est la plus originale de l’ île. De sa brousse abondent les aloes et figuiers de barbarie, les tamariniers et plusieurs espèces de baobab, pachypodium, nepenthès…On y rencontre souvent des troupeaux de zébu, de chèvres et de moutons…les zébus sont signe de richesse, on apercoit surtout leur corne sur les tombeaux Mahafaly dont l’ architecture est spéctaculaire de par sa décoration de stèles et sa couleur .
Enfin, les excursions ne manquent pas en ville, citons le banian de Miary : un village royal de l’ ethnie Masikoro. Miary est à 8 kilomètres de Tuléar. A l’ intérieur de l’ enclos sacré, on y trouve un imposant arbre tentaculaire : le banian. Les croyants y déposent des offrandes pour les ancêtres royaux.
l’ arboretum d’ Antsokay : où près de mille plantes endémiques ont été rassemblées pour faire de ce lieu, un endroit apprécié par les spécialistes de la flore et pharmacopée.
Sarodrano : la grotte sacrée abrite un bassin d’ eau douce où des poissons de rivière ont trouvé refuge. Lieu de douce fraicheur et de silence, la baignade y est quand même interdite.


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