A 700 km d’Antananarivo, en quittant la RN7 à Antsirabe, sur la côte Sud Ouest, on arrive au bord du Canal de Mozambique dans un gros village des pêcheurs , promu au rang de ville portuaire. Pourtant, à Morondava, la mer ne cesse de grignoter les côtes qui a fini par concéder presque deux km de côte et de plaine fertile en un siècle et demi. Malgré les dégâts qu’il a causé, le Canal de Mozambique demeure la principale voie permettant au Sakalava de Menabe de sortir de leur tanière avec leurs voiles, boutres ou goélettes.
Le rythme de vie à Morondava est animé par la pêche (poisson, concombre de mer,...) , la culture et la cueillette de produits sauvage destinés à la vente tels que le raphia, les bois, miel sauvage, la plaques de cire appelé localement « lasira » ... Ces produits constituent la monnaie d’échange pour les produits de première nécessité dans les « Dokany » ou magasin « karana » ou indopakistanais. Ces derniers, comme dans toute la partie occidentale de la Grande île, dominent le commerce à Morondava.
Deux religions cohabitent à Morondava : un islam sunnite relativement tolérant et un protestantisme luthérien plutôt rigide. Elles se conjuguent pour donner à la ville une atmosphère assez pesante qui s’atténue cependant dès qu’on aborde les quartiers périphériques et les villages des alentours. Ces derniers semblent en effet plus enclins à faire la fête et à jouir de la vie présente à grands renforts de ripailles et de boissons bien plus fortes que la simple limonade.
Morondava abrite un peuple aux us et coutumes très particulières qui lui sont propres. Ce qui fait de cette région si spéciale et unique en son genre. De nombreux tombeaux royaux ou non, font l’ objet de curiosité de milliers de touristes. C’est l’art funéraire sakalava qui rend ces tombeaux très fascinants. Au sein de ce peuple où la relation entre les morts et les vivants fait partie du quotidien. Dans la société sakalava, les morts, surtout « Andriana » ou rois, sont étroitement liés aux vivants car les premiers constituent l’intermédiaire entre la vie terrestre et la vie de l’au-delà. C’est pour cette raison que le culte de « tromba » ou culte de possession est très vénéré dans cette région.
Ces tombeaux sont principalement construits en bois. Ils comportent rarement de pierre tombale. Les tombeaux royaux comportent toujours des reliques sacrées. La particularité de ces tombeaux est qu’ils sont décorés de fresques et de sculptures funéraires racontant la vie des défunts, assez naïves mais souvent empreintes d’un érotisme cru, de statues érotiques qui signifient beaucoup pour les sakalava car ils symbolisent la procréation et la vie . Ce sont d’ailleurs les témoins, dépeignant une population sans état d’âme, mais pleine de sève et de vigueur.
Une des attractions touristiques de Morondava consistait à visiter ces tombes (et à les prendre en photo), mais elle est désormais en défaveur auprès des villageois propriétaires des tombes à cause de nombreux vols de poteaux funéraires commis dans le passé par des étrangers sans scrupules mais désireux de ramener des souvenirs authentiques et négociables auprès de divers musées d’Europe et des États-Unis. Les différents tombeaux qui font l’objet de ruée des touristes sont les tombeaux royaux de Mahabo, qui se trouvant à 42 Km de Morondava. Ensuite, il y a les tombeaux de Mangily, les tombeaux d’Ambato sur Mer et de Kivalo en passant par les tombeaux de Lovobe et les tombeaux de Maneva.
Certains de ces tombeaux ne sont accessibles que pendant la saison sèche et certains d’entre eux ne sont accessibles qu’en pirogue. Un autre trafic dont les environs de Morondava sont victimes porte sur des espèces menacées de chéloniens : ces tortues terrestres sont capables de survivre plusieurs jours sans manger, ce qui permet aux trafiquants de les mettre dans des boîtes au fond de leurs valises et de les emmener comme bagages de soute. L’attrait de Morondava réside au plan touristique dans son cadre insolite de côtes usées par l’érosion marine et la végétation exceptionnelle de baobabs, symbolisée par « l’allée de baobabs » célébrée par des peintures, des cartes postales, des timbres et des billets de banque. Située à une vingtaine de kilomètre sur la piste de Belo sur Tsirihibina ou la route nationale 35, l’allée est constituée d’une succession de grands baobabs centenaires rangés de deux cotés du passage. Ils sont composés en grande partie de Baobab de Grandidier ou Adansonia grandidieri. En période de floraison, ces arbres géants donnent un paysage époustouflant jauni de fleurs.
A une distance de près de 60 km au nord, Morondava offre aussi une paysage forestière très typique de la région sud-ouest de la Grande île : la forêt de Kirindy. Cette forêt présente de nombreuses espèces végétales dominées par les espèces de grands baobabs. Les espèces de baobab de taille moins important se mélangent avec des euphorbiacées et des didiéracées qui constituent de lieu de prédilection de millier de lémuriens, surtout les lémurs catta ou maki.
Sur le plan économique, Morondava a un avenir prospère qui semble lui être réservé par les recherches pétrolières effectuées dans les environs, aussi bien in shore qu’off-shore, des recherches qui, jusqu’à présent, avaient été prématurément abandonnées à cause du coût de l’extraction ; elles ont été récemment reprises, avec la montée en flèche du prix du baril brut et la découverte de nouvelles technologies promettant une plus grande rentabilité. Les sociétés américaines des années passées ont été rejointes par des compagnies venant de pays avides de ressources pétrolières : Royaume Uni, Japon, Chine.
D’autres réserves de ressources fossiles, négligées par manque d’infrastructures routières viennent d’être remises en exploitation pour combler le déficit énergétique du pays et enrayer la déforestation causée par la coupe de bois de chauffage et la fabrication de charbon de bois à usage domestique. Des essences considérées par d’autres comme matériau de menuiserie fine sont souvent utilisées dans bon nombre de cuisines pour faire bouillir la marmite. Les énormes gisements de charbon de la Sakoa seront donc remis en valeur et pourront même fournir du combustible domestique après traitement pour en faire des briquettes.




Voyage à Akanin’ny Nofy : un site touristique à découvrir.
Voyage à Ambositra à Madagascar
Voyage à Ampefy à Madagascar
Voyage à Anakao à la rencontre des Vezo
Voyage à Anjajavy une presqu’île idyllique
Voyage à Antananarivo ou Tananarive
Voyage à Antsirabe à Madagascar
Voyage à Diégo Suarez , la plus belle baie du monde
Voyage à Fianarantsoa
Voyage à Fort-Dauphin
Voyage à Ifaty à Madagascar
Voyage à Majunga : la ville de l’Ouest de Madagascar
Voyage à Mantasoa à Madagascar
Voyage à Maroantsetra à Madagascar
Voyage à Morondava
Voyage à Nosy BE – l’île aux parfums
Voyage à Nosy Iranja - l’île aux tortues à Madagascar
Voyage à l’île de Sainte Marie de Madagascar
Voyage à Tamatave ou Toamasina : le plus grand port de Madagascar
Voyage à Toliara ou Tuléar
Voyage à Tsarabanjina - l’archipel des Mitsio